Théâtre DES DOMS

La vedette du quartier

Théâtre de Poche

« Demain j’arrête.Demain, je le jure, je n’écris plus sur moi, mais aujourd’hui, j’y vais.Aujourd’hui je vais tout vous dire, car c’est ici que tout a commencé.Ici, ou plus exactement à la patinoire du bois de la Cambre, où adolescent, j’étais parti me balader. Pas pour faire du patin bien sûr, ni pour en rouler… Mais, parce que j’avais quinze ans et que je m’ennuyais.À la patinoire, j’ai vu un bistro et j’ai demandé à la patronne si elle cherchait quelqu’un.Pas parce que j’avais besoin d’argent bien sûr, mes parents en avaient, mais comme j’avais arrêté l’école, je ne savais pas toujours quoi foutre de mes journées.Dans la salle du café, Madame Mahauden, car c’est comme ça qu’elle s’appelait, m’a donné un plateau et un tablier, et c’est en servant un coca à une mémère avec ses deux chiens, que j’ai vu un théâtre et que je suis entré. Là, après avoir traversé les coulisses, passant de la lumière à l’obscurité, j’ai vu un palmier en plastique sur une scène, et des garçons et des filles qui chantaient en dessous.Tout ça n’a duré que quelques minutes, mais en sortant du Poche, j’ai su que c’est ça que je voulais faire comme métier… Mettre des costumes, rigoler avec des copains, chanter en dessous des palmiers en plastique, pour ne plus aller à l’école, sans pour autant servir des cocas à des mémères avec leurs deux chiens.Après, il y a eu le film avec Dewaere, Depardieu, et la magnifique Carole Laure qui m’embrasse sur la bouche, faisant de moi la petite vedette du quartier.Ensuite il y eut Paris, la ville lumière, où tout va s’enchaîner… La gloire, les boîtes de nuits, les rôles à la pelle, et les rencontres avec des stars… De moins en moins connues, dans des films de moins en moins glorieux…Puis, il y a eu Soissons, une petite ville pourrie du Nord de la France où j’eus le privilège d’être la petite vedette… D’un centre de cure de désintoxication.Ce qui me mènera tout naturellement à vivre la vie d’un homme plus ou moins normal, qui vit dans un petit appartement, avec une femme et un enfant, et qui, en passe de se faire virer de son statut d’artiste, décide d’aller tous les jours au musée pour ne pas devenir fou. La vie quoi…Mais n’allons pas trop vite. Laissez-moi commencer par le début, et surtout, répondre à la question que vous vous posez tous : Et alors Carole Laure, tu l’as vraiment b…? »Henri Liebman

Dans ce 1er épisode d’une trilogie autofictionnelle, Riton nous parle de ses premiers pas, à treize ans, dans le monde sans pitié du cinéma. Un épisode de sa vie qu’il traite avec une autodérision aussi singulière que bruxelloise. Après le succès de « Liebman Renégat » au Festival d’Avignon 2016, Riton nous raconte ses débuts triomphants au cinéma puis la jungle du « showbiz » avec toujours autant d’humour belge et d’autodérision ! 1977, Riton a 13 ans. Au désespoir de sa mère, il est choisi pour tourner dans « Préparez vos mouchoirs » de Bertrand Blier avec Patrick Dewaere et Gérard Depardieu. La scène où il finit dans le lit de Carole Laure fera de lui la vedette du quartier. Fort de cette nouvelle notoriété, il quitte alors l’école à 16 ans et tente sa chance pour devenir acteur. Entre sorties et castings, c’est le Paris des années 80 qu’il découvre aux côtés des stars de l’époque. Mais le rêve initial a du mal à atteindre la réalité. Avec « La Vedette du quartier », Riton nous offre autant l’histoire d’un mec qui se prend les pieds dans les portes du paradis, que celle d’un enfant perdu dans un monde de grands.

Distribution

Texte et interprétation : Riton LiebmanCollaboration artistique à la mise en scène : Jean-Michel Van den Eeyden, assisté de Yannick Duret et Aurélie Alessandroni Lumières : Xavier Lauwers Scénographie : Olivier WiameCréation sonore : Vincent CahayCollaboration vidéo : Simon Delecosse

Production

Coproduction : Le Théâtre de Poche (Bruxelles) et L’Ancre (Charleroi)