L’herbe de l’oubli
Théâtre de Poche
2018
L’Herbe de l’Oubli est une création conçue comme une invitation à pénétrer autour et au plus profond de cette zone d’exclusion mystérieuse étrangement baptisée « Réserve Radiologique Naturelle ». Une zone en grande partie composée de forêts, avec en son sein: lynx, loups, bisons, chevaux sauvages, quelques personnes âgées retournées y vivre pour retrouver leur maison, et … puis Pripiat, la ville abandonnée.Une ville fantôme où des aigles nichent au sommet de vieux immeubles soviétiques désertés. Ca peut presque paraître romantique…Ce spectacle c’est aussi la rencontre de ces gens qui n’ont d’autre choix que de manger les légumes de leur jardin. Cultivés sur leur terre. Leur terre outragée. Et ça c’est un peu moins romantique… D’autant que la santé de la population reste préoccupante. Même les enfants qui viennent de naître ont déjà des maladies. Les petites doses de radioactivité et les métaux lourds provoquent des cancers, des accidents cardiovasculaires, des infarctus, des scléroses et aujourd’hui de très jeunes gens souffrent de maladies qui touchent d’habitude les plus âgés.Au-delà même des enjeux de société pour l’humanité et la planète, il nous a semblé que cette catastrophe portait en elle beaucoup d’aspects intéressants pouvant être questionnés sur un plateau de théâtre : elle questionne sans cesse le réel ; rien n’est visible, palpable. La radiation est inodore et incolore. Et pourtant bien présente.Pour approcher cet univers flirtant parfois avec le fantastique, nous poursuivrons ici notre recherche mêlant acteurs et marionnettes à taille humaine. Et si le sujet est grave, nous inviterons tout de même la poésie sur le plateau grâce aux marionnettes de Ségolène Denis, aux vidéos de Yoann Stehr et à la musique de Pierre Jacqmin. Un spectacle écrit entre fiction et radioactivité.Jean-Michel D’Hoop
Tchernobyl, 30 ans après. Les comédiens et marionnettes de Point Zéro offrent une magnifique tribune aux témoins et héritiers de la catastrophe rencontrés sur place. Du théâtre qui dépasse le documentaire et dont l’étrange poésie visuelle renforce un propos d’une terrifiante actualité. Le 26 avril 1986, le cœur du réacteur numéro quatre de la centrale de Tchernobyl explose et prend feu, projetant un nuage de radioactivité dont on a retrouvé des traces dans toute l’Europe. Poussières, aérosols et gaz radioactifs sont projetés dans l’atmosphère. Le quatrième réacteur, nom de code « Abri », conserve toujours dans son ventre gainé de plomb et de béton armé, près de vingt tonnes de combustible nucléaire. Tchernobyl, en Russe, se traduit absinthe, l’herbe de l’oubli… Et trente ans après, quelles leçons retient-on de cette explosion ? Composé à partir de la parole d’habitants proches de la zone d’exclusion en Biélorussie, de scientifiques actifs dans le dépistage de césium 137, de personnes ressources partisanes – ou non – du nucléaire qu’a rencontrés la compagnie Point Zéro ; L’Herbe de l’Oubli, s’inspire de la démarche de récolte de témoignages réalisés par par Svetlana Alexievitch (prix Nobel de Littérature 2015 – La Supplication, éditions JC Lattès).
Distribution
Écriture et mise en scène : Jean-Michel d’Hoop Assistanat mise en scène : François RegoutAvec : Léone François Janssens, Léa Le Fell, Héloïse Meire, Corentin Skwara et Benjamin TorriniVidéos : Yoann StehrMusique : Pierre JacqminScénographie : Olivier WiameMarionnettes : Ségolène Denis assistée de Monelle Van GyzegemLumières : Xavier LauwersRégie : Loïc Le foll, Grégoire TempelsLe texte des voix off est écrit d’après des interviews et des articles de Svetlana Alexiévitch.
Production
Un spectacle de Point Zéro en coproduction avec le Théâtre de Poche et la Coop asbl.Avec le soutien de la Fédération Wallonie-Bruxelles et de Shelterprod, Taxshelter.be, ING et du Tax-Shelter du gouvernement fédéral belge.