Crâne
Patrick Declerck
2019
Si, pour la troisième fois, nous avons choisi de nous adosser aux mots de Patrick Declerck pour faire théâtre, c’est bien parce qu’il nous semble mieux que quiconque capable de nommer l’innommable, ce qui ne se dit pas habituellement, peut-être parce que ce n’est simplement pas possible. En traversant personnellement l’épreuve décrite dans Crâne, Declerck accède à un état de conscience particulier, celui que connaissent sans doute autour de nous tous ceux qui survivent à quelque chose, qui reviennent de loin, et peu importe finalement de quel traumatisme précis il s’agit. Les trois temps de notre spectacle – avant l’épreuve, pendant l’épreuve, après l’épreuve – tentent, chacun différemment mais chacun – on l’espère – sans complaisance ni œillères, d’explorer ce que «mortalité́» veut dire.Antoine Laubin
Récit en trois actes d’une opération à crâne ouvert. Devant nous, un écrivain à qui l’on doit retirer une tumeur. Il s’agit d’une intervention dite de chirurgie éveillée. Il faudra sonder le patient pour être certain de ne pas lui ôter le langage. C’est son outil de travail en quelque sorte et sa raison de vivre peut-être. On nous parlera du deuil impossible pour un chien, de la poésie de Shakespeare, du ridicule accoutrement opératoire et de la dignité qui se loge parfois dans les détails même face à une mort hypothétique. Il sera question de la journée du 27 mars 2013. Et, avant cela, des heures et des années qui ont précédé. Et, après cela, des heures et des mois qui ont suivi. Alexandre Nacht est confortablement installé sur scène. Trois hommes l’entourent et viennent successivement raconter la récente opération au cerveau de Nacht. Le premier narrateur plante le contexte: la tumeur, l’épée de Damoclès constante et la décision d’intervention. Le deuxième détaille la journée de l’opération et la technique de la chirurgie éveillée. Les jours qui suivent et le lent retour à la vie sont décrits par le troisième narrateur. Trois face-à-face distincts qui constituent autant d’étapes vers la conscience de soi, interrogeant notre rapport à l’altérité, au sens de l’existence, à la mort. Un récit clinique intense et haletant.
Distribution
Avec Philippe Jeusette, Jérôme Nayer, Hervé Piron, Renaud Van Camp et Antoine LaubinTexte: Patrick DeclerckAdaptation et mise en scène: Antoine LaubinAdaptation et dramaturgie: Thomas DepryckScénographie: Stéphane ArcasLumières: Laurence HalloyCostumes: Alexandra SebbagVidéo: Julien HelguetaAssistanat à la mise en scène: Quentin SimonDirection technique et régie: Gaspard SamynProduction: Laurie-Anne Vanbléricq
Production
Production De Facto.Coproduction Le Rideau de Bruxelles | La Coop asbl.Partenariat Théâtre Varia.Soutien Shelterprod, Taxshelter.be, ING, Tax Shelter du gouvernement fédéral belge.Aide Fédération Wallonie-Bruxelles – Service du Théâtre.