L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor)
Cie Eranova
2018
Où en êtes-vous de votre parcours artistique?Nous avons pour le moment la chance de beaucoup tourner tous les deux, notamment avec la Cie flamande Ontroerend Goed, mais également de développer des projets indépendamment. Hervé a notamment monté Spam de l’auteur argentin Rafael Spregelburd en octobre au Théâtre de Liège, et est membre actif du collectif En Blanco (pratique du yoga). Grégory quant à lui est en plein développement d’un projet de court métrage, et tourne par ailleurs avec l’Agora Theater et aussi dans le spectacle La Route du Levant… L.U.C.A. s’inscrit dans la continuité de deux projets qu’Hervé a précédemment monté seul, Cincali et La Turnata, qui questionnait également les vagues d’immigrations italiennes.Résider aux Doms, pour trouver quoi?C’est d’abord prendre le temps de créer, ailleurs, un peu de ce que sera le spectacle L.U.C.A. L’occasion de questionner les origines, leur sens, et surtout ce qu’on en fait. À la fois dans le réel, parce qu’on s’inscrit dans une démarche d’écriture du réel via le programme “Le Réel Enjeu” qui réunit des partenaires autour du projet, mais aussi de façon plus pragmatique sur un plateau, parce que l’écriture au plateau (et c’est encore plus vrai avec l’écriture du réel) nécessite un vrai temps de plateau, CQFD.L’art au quotidien, c’est comment?Rester curieux, garder la capacité de mettre à distance ce qu’on voit et ce qu’on entend, être à l’écoute de ses émotions, laisser s’inviter la poésie dans toutes choses, refuser l’ordre établi sans un minimum le questionner, mais surtout quelque chose qui passe davantage par la sensation et la transmission que par la dissertation.
Entre théâtre documentaire, conférence caustique et espace de résistance, un spectacle plus que jamais nécessaire face aux réflexes de repli communautaire. «D’où viens-tu?» De cette question a priori anodine, L.U.C.A. explore les origines de l’Homme en questionnant avec (im)pertinence les notions d’héritage et d’intégration. Comment d’anciens immigrés peuvent-ils développer des discours xénophobes? Pour tenter d’y répondre, deux comédiens italo-belges sondent les histoires de leurs familles et celles de leurs semblables. Un parti pris: briser le silence et les barrières entre anciens et nouveaux migrants. À l’heure où les identités nationales montrent les dents et où la question de l’intégration crispe le débat politique, L.U.C.A. (Last Universal Common Ancestor) s’annonce comme un OVNI scénique.
Distribution
Conception & interprétation: Hervé Guerrisi & Grégory CarnoliRegard extérieur: Ludovic RomainMouvement: Élia LopezCréation lumière: Antoine VilainSon: Ludovic Van PachterbekeCostumes: Frédérick Denis