Théâtre DES DOMS

Ouragan

Ilyas Mettioui / Le Boréal

Note d’intentionNotre monde est-il plus violent qu’hier ? Quand on évoque la violence, nous avons tendance à focaliser notre attention sur l’instant de son explosion, sur le moment de son effraction. Nos moralités contemporaines font de la gifle son prototype, dit François Cusset, et celle-ci doit être lourdement punie. Mais, de quoi la gifle est-elle le résultat ? La violence est souvent là où on ne le soupçonne pas. L’objectif d’Ouragan n’est pas de justifier les violences quelles qu’elles soient. Encore moins de culpabiliser le spectateur·rice. L’envie est plutôt de tenter de comprendre comment elle est vécue, d’atteindre une vue d’ensemble. Car la violence a revêtu de nouvelles formes et parfois nous ne la percevons plus à force de trop la côtoyer comme s’il s’agissait de la norme.

Ouragan c’est l’histoire d’une absurde nuit d’insomnie initiatique. Celle d’Abdeslam, livreur de nouilles à vélo. Seul dans son appartement, noyé dans la fumée de ses idées noires, il cherche sa place… Ce projet aurait tout aussi bien pu s’appeler Douceur ou Violence. Avec une tendre absurdité et une surprenante distribution, Ilyas Mettioui capte l’insoutenable légèreté de l’être uberisé dans la jungle urbaine. Abdeslam est indépendant complémentaire. Ça sonne plutôt bien comme formule, mais concrètement, Abdeslam est livreur de nouilles et pizzas sans moteur. “Livreur cycliste partenaire” qu’ils disent. Partenaire de galère. Travailleur jetable, objet éphémère, il se confronte à une forme de violence sournoise. Son prénom n’a jamais été facile à porter. C’est curieux, car Abdeslam en arabe signifie “porteur de paix” et pas ”porteur de sac”. Abdeslam est un être sensible. Trop sans doute. On le découvre dans son fauteuil, pétard au bec. Lorsque son réfrigérateur se met à fumer à son tour, il se lève pour régler le problème et c’est à ce moment qu’un deuxième Abdeslam apparaît. Puis un troisième, un quatrième et un cinquième. Début de schizophrénie, abus de marijuana ou fatigue exacerbée, peu importe. Abdeslam quintuplé et confronté à lui-même devra tenter de concilier ses différentes personnalités afin de trouver la paix dont son nom est annonciateur.

Distribution

Mise en scène : Ilyas MettiouiDramaturgie générale : Zoé JanssensAvec : Egon Di Mateo, Ben Fury, Nganji Mutiri, David Scarpuzza et Benoît Fasquelle en alternance avec Pierre GenicotCréation lumière : Christian FrançoisCréation sonore : Guillaume IstaceImpulsion chorégraphique : Ben FuryAssistanat à la scénographie : Zoé Ceulemans et Roman BalthazartRegards artistiques : Sarah Brahy, Julien Carlier et Simona SoledadProduction : Le Boréal

Production

Coproduction et production déléguée : Atelier 210Coproduction : Théâtre de Liège, La Coop asbl. – Taks shelterAide : Fédération Wallonie-Bruxelles – service du théâtre -Soutien : KVS, Théâtre Océan Nord, L’Escaut, Compagnie Thor, Le Bamp – LookIN’OUT, Shelterprod, taxshelter.be, WIPCOOP, ING