Pas pleurer
Théâtre de Poche
2018
J’ai toujours été sensible à tout ce qui touche à la guerre d’Espagne, sans doute parce que l’histoire du XXème siècle aurait peut-être pu être complètement différente si l’issue de cette guerre avait été autre, si les forces progressistes avaient pu triompher du conservatisme le plus noir, si l’Europe démocratique n’avait pas laissé massacrer un peuple, n’avait pas capitulé devant Franco, général d’opérette, comme elle s’apprêtait à le faire devant Hitler.Mais comme la Commune en France, comme les débuts de toute révolution, qu’elle soit russe, française, chinoise, burkinabè, ou des Œillets, comme le fameux « Printemps arabe», comme lors de certaines tentatives qui ont lieu dans l’Espagne d’aujourd’hui (qui même écrasée par la crise garde en elle cette fabuleuse capacité d’indignation, d’insoumission), bref, comme tout soulèvement populaire à ses débuts, l’été 1936 porte en lui tout l’espoir du monde, l’espoir d’un monde nouveau, et révèle au cœur de chaque être, au plus profond de l’intimité de chaque être, la part d’espoir la plus lumineuse. Pas Pleurer est donc un cri d’espoir, malgré tout. Malgré le fait qu’on connaisse déjà la fin de l’histoire, ces décennies de plomb qui écraseront l’Espagne jusqu’à la mort de Franco. Quelques jours d’espoir immense ne comptent-ils pas plus qu’un siècle de désespoir ? Voilà la question que pose Lydie Salvayre. Cet espoir qui a traversé le temps et les strates de la mémoire, cet espoir inextinguible d’une vie plus belle, plus lumineuse, est ce qui éclaire ce récit si sombre.Denis Laujol
Adaptation rock’n roll du roman Pas Pleurer de Lydie Salvayre (Prix Goncourt 2014). Un récit intense sur la guerre d’Espagne dont s’empare la comédienne Marie-Aurore d’Awans (saluée par les Prix de la Critique belge 2017) et la musicienne Malena Sardi. Leur dialogue résonne magnifiquement avec le roman. Un hymne à la résistance, à la liberté. (…) Devant sa fille, avec qui elle partage « une petite anisette » qu’on devine strictement interdite par les médecins, elle raconte son petit village perdu en Catalogne. La vie n’y a pas changé depuis le Moyen-Âge, rythmée par les récoltes d’olives, les fêtes de village, les mariages arrangés, son frère Josep, fraîchement converti aux thèses anarchistes et son rival stalinien Diego, les disputes familiales, les premières tentatives de collectivisation, l’irruption de cette idée que, peut-être, tout pourrait changer… « Pas Pleurer », c’est l’injonction que répète Montse à sa petite fille serrée contre elle, sous les bombardements fascistes et dans le dénuement le plus total, alors qu’elle fuit son pays, l’Espagne, qui tombe aux mains des franquistes.« Pas Pleurer », c’est aussi ce que nous dit Lydie Salvayre, alors que nous avons toutes les raisons de pleurer devant la bêtise humaine, aujourd’hui comme hier. Ne pas baisser les bras. Ne pas avoir peur.
Distribution
Adapté du roman de Lydie SalvayreAdaptation et mise en scène : Denis LaujolAssistant : Julien JaillotAvec : Marie-Aurore d’AwansMusicienne : Malena SardiMouvement : Claire PicardScénographie : Olivier WiameLumières : Xavier LauwersCréation sonore : Malena SardiVoix off : Alexandre TrockiCréation vidéo : Lionel Ravira
Production
Une coproduction de Ad Hominem, du Théâtre de Poche et de la Charge du Rhinocéros.
Réalisé avec l’aide de la Fédération Wallonie – Bruxelles – Service du Théâtre. Avec l’aide du Théâtre des Doms.